L'Aïd Al-Adha ou la fête du sacrifice est la deuxième fête annuelle du calendrier hégirien après celle de l'Aïd Al-Fitr. Le sacrifice d'une bête le jour de l'Aïd 'est un acte recommandé par Allah à toute les familles musulmanes qui en ont les moyens.
Ils héritent de cette tradition du Prophète Ibrahim (pbDsl) qi avait vu, en rêve, l'Ange Gabriel lui dire d'égorger son fils. Ceci étant comme une révélation, le prophete Ibrahim(pbDsl) n'avait pas le choix.
Mais juste au moment où il allait le faire, un ange descendit du ciel portant un mouton. Le prophete Ibrahim(pbDsl) comprit que c'est Dieu qui l'a envoyé et qu'il voulait que ce mouton remplace son fils.
Le jour du sacrifice commence par une prière en groupe et en plein air ou sinon à la mosquée.juste Après la prière, on sacrifie un mouton ou un autre animal si on en a les moyens. On partage la viande avec les pauvres et avec les invités. On rend visite aux gens pour leur souhaiter bonne fête…
"Ceux qui sont bons envers les créatures de Dieu, sont bons envers eux-mêmes."
Hadith du prophète Mahomet
A la Mecque, lieu de naissance du prophète Mahomet (fondateur de l'islamisme), aucune créature ne peut être tuée, pas même un moustique. Lorsque le pèlerin approche ce lieu saint il prend un grand soin pour ne pas écraser d'insectes.
Les premiers biographes du prophète Mahomet indiquent que celui-ci préférait la nourriture végétarienne. Mahomet se nourrissait surtout de fruits, de légumes, de lait, de miel et de dattes. Il disait: "Plusieurs anges descendront là où il y a abondance de légumes".
Quoique les musulmans d'aujourd'hui soient majoritairement carnivores, on retrouve de nombreux enseignements de l'Islam, notamment dans la tradition Soufi, qui recommandent le végétarisme. Et comme dans le judaïsme, les musulmans ne peuvent se nourrir de viande sans avoir préalablement suivi certaines règles.
Al-Ghazzali (1050-1111), un des plus grands philosophes musulmans, disait: "Se nourrir de la chair de la vache apporte la maladie, mais son lait apporte la santé. Une habitude alimentaire motivée par la compassion procure une vie paisible."
Le Bouddhisme et la compassion
"Que le disciple s'abstienne de toute viande afin de ne pas causer de frayeurs aux autres entités vivantes ... L'homme sensé ne se nourrit pas de viande... Il se peut que dans le futur, des insensés prétendent que j'ai approuvé la consommation de la viande, mais... je n'ai pas permis, je ne permets pas et je ne permettrai jamais à personne de se nourrir de chair animale... en tout temps et en tout lieu, c'est inconditionnellement interdit pour tous."
Parole de Bouddha Dhammapada
Le bouddhisme débuta en Inde comme une réaction face à l'abattage généralisé des animaux. Cette boucherie, née d'une perversion de la religion, fut contrecarrée par les enseignements de Bouddha sur la non-violenoe (ahimsa).
D.T. Suzuki, éminente autorité bouddhiste, écrit dans son livre The Chain of Compassion: "La compassion est le fondement de la religion bouddhiste." Un bouddhiste doit donc éliminer la viande de son menu car la consommation de la chair détruit la semence de la compassion. (Mahaparinirvana Sutra)
Originellement, les bouddhistes étaient tous strictement végétariens. Malheureusement, un très grand nombre ont dévié des enseignements premiers. Ces bouddhistes croyaient qu'ils pouvaient se nourrir d'un animal qui ne fût pas tué de leurs propres mains. Ce genre de déviation avait pourtant été condammé par Bouddha: "Ce n'est pas vrai que la viande peut être consommée si l'animal n'a pas été tué par soi-même." (Lankavatara Sutra)
Aujourd'hui, par souci de respect envers toutes les formes de vie, plusieurs millions de bouddhistes sont demeurés rigoureusement végétariens: "Comment un bhiksu (chercheur de vérité) qui espère devenir un libérateur d'autrui, peut-il vivre en se nourrissant de la chair des autres entités vivantes?" (Surangama Sutra)
"Ceux qui désirent posséder une beauté exquise, une longue vie, une santé parfaite, une bonne mémoire et une grande force physque morale et spirituelle doivent s'abstenir complètement de toute chair animale... Qui peut être plus cruel et plus égoïste que celui qui veut nourrir sa chair de celle d'innocents animaux?"
Mahabharata
Les Ecritures védiques de l'Inde, qui sont les plus anciens textes connus sur cette planète, insistent sur la nécessité du végétarisme. Ces livres contiennent de nombreuses références condamnant la consommation de chair animale et encourageant la compassion envers les animaux. Entre autre, la Manu-Samhita (ancien livre de loi pour l'humanité) explique: "On ne peut se procurer de viande sans blesser un être vivant, ce qui nous empêchera d'accéder à la félicité céleste; évitons donc de manger de la viande." Un autre passage du même ouvrage nous met en garde: "Après avoir mûrement considéré l'origine révoltante de la viande et la cruauté de la captivité et de la mise à mort d'êtres vivants, abstenons-nous entièrement de toute consommation de chair." Malgré l'influence occidentale, on trouve encore aujourd'hui plus de 600 millions d'Hindous religieusement végétariens.
Ces dernières années, le Mouvement pour la Conscience de Krishna a introduit ces considérations morales à travers le monde entier. Srila Prabhupada, le fondateur-acharya (maître spirituel) de ce Mouvement dit un jour: "Puisque nul n'est en mesure de créer un être vivant, personne n'a donc le droit de tuer; les lois humaines qui font une distinction entre tuer un être humain et tuer un animal sont imparfaites... Selon les lois de Dieu, la mise à mort d'un animal mérite un châtiment au même titre que celle d'un humain. Ceux qui établissent une distinction entre les deux fabriquent de toutes pièces leurs propres lois. Un des dix Commandements ordonne même: "Tu ne tueras point". Voilà une loi parfaite que les êtres humains ont défigurée par leurs discriminations et leurs spéculations: "Je ne tuerai pas d'êtres humains, mais je tuerai des animaux." Ainsi les gens se fourvoient-ils et sont-ils cause de souffrances pour eux-mêmes et pour autruit.
Publié par Maurice Morin à 17:54:20
Les différents genres d'aliments.
La pratique du végétarisme spirituel débute lorsque nous parcourons les allées du supermarché et choisissons les aliments que nous offrirons à Krishna.
Dans la Bhagavad-Gita, Krishna affirme que toute nourriture peut être classée selon les trois modes d'influence de la nature matérielle vertu, passion et ignorance. "Les aliments de la vertu purifient l'existence et en prolongent la durée; ils procurent force, santé, joie et satisfaction. Ces aliments substantiels sont doux, juteux, gras et pleins de saveur. Les aliments trop amers, acides, salés, piquants, secs ou chauds, sont aimés de ceux que domine la passion. Ils engendrent souffrance, malheur et maladie. Et chers aux êtres humains qu'enveloppe l'ignorance sont les aliments cuits plus de trois heures avant d'être consommés, les aliments privés de goût, de fraîcheur, malodorants, décomposés ou impurs, voire les restes." (B.G.17.8-9-10) Les aliments de la vertu - les produits laitiers, les légumes, les fruits, les noix, les céréales et les sucres naturels - peuvent être offerts à Krishna. Les champignons, les oignons et l'ail, ainsi que la viande, le poisson et les oeufs appartiennent aux modes inférieurs et ne peuvent pas être offerts à Krishna. Les cafés et thés qui contiennent de la caféine appartiennent aussi à la passion et à l'ignorance.
Ainsi, nous devons prendre un grand soin à ne sélectionner que des produits appartenant au mode de la vertu et à vérifier qu'il n'y ait aucun produit animal parmi la liste des ingrédients.
Mars 2007
La Personne Suprême dit dans la Bible.
"Et la Personne Suprême dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture~. Et cela fut ainsi." (Genèse 1.29-30)
"Vous ne mangerez point de sang, ni d'oiseau, ni de bétail, dans tous les lieux où vous habiterez. Celui qui mangera du sang d'une espèce quelconque, celui-là sera retranché de son peuple." (Lévitique 7.26-27)
"Si J'avais faim, je ne te le dirais pas, car le monde est à moi et tout ce qu'il renferme. Est-ce que Je mange la chair des taureaux? Est-ce que Je bois le sang des boucs? Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâce, et accomplis tes voeux envers le Très-Haut. Et invoque Moi au jour de la détresse; Je te délivrera, et tu Me glorifieras." (Psaumes 50. 12 à 15)
"De Sa haute demeure, Il arrose les montagnes; la terre est rassasiée du fruit de tes oeuvres. Il fait germer l'herbe pour le bétail, et les plantes pour les besoins de l'homme, afin que la terre produise de la nourriture." (Psaumes 104.14)
"Mieux vaut un morceau de pain sec, avec la paix, qu'une maison pleine de viandes, avec des querelles." (Proverbes 17.1) "Qu'ai-je à faire de la multitude de vos sacrifices? dit Krishna, l'Eternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant Moi, qui vous demande de souiller mes parvis? Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur vos flatteries intéressées, les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains Je détourne de vous mes yeux; quand vous multipliez les prières, Je n'écoute pas: VOS MAINS SONT PLEINES DE SANG." (Esaie 1.11 à 15)
"Celui qui assassine un boeuf est comme celui qui tuerait un homme, celui qui sacrifie un agneau est comme celui, qui romprait la nuque à un chien." (Esaie 66.3)
"0 peuple, reviens à l'Éternel, ton Dieu, car tu es tombé par ton iniquité Apportez avec vous des paroles, et revenez à l'Eternel, Krsna. Dites-Lui: Pardonne toutes les iniquités, et reçois nous favorablement! Nous T'offrirons, au lieu de taureaux, l'hommage de nos lèvres." (Osée 14. 1-2)
"Je hais, je méprise vos fêtes, Je ne puis sentir vos assemblées. Quand vous Me présentez des holocaustes et des offrandes, Je n'y prends aucun plaisir; et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, Je ne les regarde pas." (Amos 5.22)
"Maintenant, à vous cet ordre, SACRIFICATEURS! Si vous n'écoutez pas, si vous ne prenez pas à coeur de donner gloire à Mon Nom, du l'Éternel, J'enverrai parmi vous la malédiction et Je maudirai vos bénédictions. Oui, Je les maudirai parce que vous ne L'avez pas à coeur. Voici Je détruirai vos semences, et Je vous jetterai des excréments au visage, 1es excréments, des victimes que vous sacrifiez, et on vous emportera avec eux." (Malachie 2. 1,2 et 3)
"Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle. Pour un aliment, ne détruis pas l'oeuvre de Dieu. À la vérité, toutes choses sont pures; mais il est mal l'homme, quand il mange, de devenir une pierre d'achoppement. Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s'abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale on de faiblesse." (Romains 14. 19,20 et 21)
Les écrits des premiers chrétiens démontrent aussi l'importance du végétarisme pour leur pratique religieuse. Clément d'Alexandrie (160-240), l'un des pères de l'Eglise, recommande cette alimentation: "Il vaut mieux être heureux, dit-il, que de rendre nos corps pareils à des tombes pour les animaux... l'apôtre Mathieu mangeait des grains, des noix et des légumes, et s'abstenait de toute chair. Saint Jérome, chef célèbre au début de l'Église chrétienne écrivait: "La préparation des légumes, des fruits et des légumineuses est facile et ne requiert pas de cuisiniers qui coûtent cher." Il jugeait qu'un tel régime s'accordait mieux avec une vie consacrée à la quête de la sagesse. Saint Jean Chrysostome (345-407) considérait l'alimentation carnée comme une coutume cruelle et contre nature pour les chrétiens: "Nous imitons les moeurs des loups, des léopards, ou plutôt nous faisons pire qu'eux. La nature les a faits pour qu'ils se nourrissent ainsi, mais Dieu nous a dotés de la parole et du sentiment de l'équité, et nous voilà devenus pires que les bêtes sauvages." Il disait aussi: "Nous, les dirigeants chrétiens, pratiquons l'abstinence de la chair animale." Saint Benoît, qui fonda l'ordre monastique des Bénédictins en 529, prescrivait les aliments végétariens comme nourriture de base pour ses moines. L'ordre de la Trappe, dès sa fondation au 17e siècle, s'opposa rigoureusement à la consommation de la viande, des oeufs et des autres aliments d'origine animale. Cette règle fut relâchée par le Concile du Vatican de 1965, mais la plupart des Trappistes adhèrent encore à l'enseignement originel sur le végétarisme. Aujourd'hui, lEglise adventiste du septième jour recommande fortement le végétarisme à ses membres, s'appuyant sur les enseignements de la Bible. Même si la majorité des chrétiens sont non-végétariens, nombreux sont ceux qui le deviennent et peuvent faire des déclarations similaires à celle de John Wesley (1703-1791), le fondateur du méthodisme: "Je remercie Dieu, car depuis que j'ai laissé la viande et le vin, je suis libéré de toutes maladies physiques."
L'entretien qui suit eut lieu entre Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanla Swami Prabhupada et Son Eminence le Cardinal Jean Daniélou au siège de l'Association Internationale pour la Conscience de Krishna à Paris en 1973.
Srila Prabhupada: Jésus-Christ n'a-t-il pas dit: 'Tu ne tueras pas". Pourquoi alors les chrétiens tuent-ils les animaux et mangent-ils de la viande? animaux?"
Cardinal Daniélou: Le christianisme interdit en effet de tuer. Mais nous croyons que la vie de l'homme et celle de l'animal n'ont pas la même valeur. La vie de l'homme est sacrée car il a été créé à l'image de Dieu; voilà pourquoi la Bible nous interdit de tuer un être humain.
Srila Prabhupada: Mais la Bible ne précise pas: "Tu ne tueras pas d'être humain". Elle dit d'une manière générale: "Tu ne tueras pas".
Cardinal Daniélou: L'homme doit nécessairement tuer les animaux s'il veut manger.
Srila Prabhupada: Non. L'homme peut très bien se nourrir de céréales, de fruits et légumes, et de lait.
Cardinal Daniélou: Pas de chair?
Srila Prabhupada: Non. L'homme est censé adopter un régime végétarien. Le tigre ne mange pas vos fruits car il est fait pour se nourrir de chair animale. La nourriture de l'être humain se compose de fruits, de légumes, de céréales et de produits laitiers. Comment pouvez-vous prétendre que l'abattage d'animaux n'est pas un péché?
Cardinal Daniélou: Tout dépend du motif. S'il s'agit de nourrir ceux qui ont faim, c'est alors un acte justifié.
Srila Prabhupada: Prenons donc l'exemple de la vache: il est facile de comprendre qu'elle est une mère pour l'homme car elle le nourrit de son lait. Partagez-vous mon avis?
Cardinal Daniélou: Oui, bien sûr.
Srila Prabhupada: Comment alors pouvez-vous permettre qu'on l'abatte? Vous prenez son lait, mais lorsqu'elle est vieille et ne peut plus rien donner, vous lui tranchez la gorge. Est-ce faire preuve de compassion à son égard? En Inde, on recommande aux mangeurs de viande de tuer certains animaux de moindre importance comme le bouc, le porc ou même le buffle. Nous qui prêchons la conscience de Krishna demandons aux gens de s'abstenir de toute viande; mes disciples observent rigoureusement ce principe. Mais si certaines circonstances vous obligent à manger de la viande, que ce soit la chair d'animaux appartenant à des espèces inférieures. Mais ne tuez pas la vache; il n'y a pas de plus grand péché. Tant qu'un homme vit dans le péché, il ne peut comprendre Dieu. Or, le devoir de l'homme consiste précisément à Le connaître et à L'aimer.
Lorsqu'on ne peut trouver d'autre nourriture, on pourra alors manger de la viande afin de ne pas mourir de faim. Mais de maintenir des abattoirs seulement pour satisfaire les caprices de la langue constitue le plus grave péché qui soit. En fait, aucune société ne saurait être qualifiée d'humaine tant qu'elle se livrera à de telles atrocités. Et quoi qu'il soit parfois nécessaire de tuer certains animaux pour survivre, on doit au moins épargner la vache, notre mère. ïï s'agit d'une simple question de décence humaine.
Le Mouvement pour la Conscience de Krishna interdit toutefois à tous ses membres de tuer le moindre animal. Krishna dit: patram pusparn phalam toyarn yo me bhaktya prayacchati, "Que l'on M'offre avec dévotion des fruits et légumes, du lait et des céréales." (Bhagavad-Gita 9.26) Nous ne mangeons que les reliefs de la nourriture offerte à Krishna (prasada). Les arbres nous donnent plusieurs variétés de fruits, mais ils ne meurent pas lorsqu'on les cueille. Bien sûr, la loi universelle veut que chaque espèce soit la nourriture d'une autre, mais il ne ne faut pas croire pour autant que vous pouvez tuer votre mère pour vous nourrir. La vache est inoffensive; elle vous donne son lait que vous buvez pour ensuite la tuer dans un abattoir. Voilà votre péché.
Disciple: Les chrétiens approuvent la consommation de chair animale car ils considèrent que les espèces inférieures n'ont pas d'âme comme l'homme.
Srila Prabhupada: Quelle sottise! Il faut d'abord savoir reconnaître les symptômes de la présence de l'âme dans le corps; ensuite, nous pourrons déterminer si seul l'homme a une âme ou si elle est aussi présente chez la vache. Si nous constatons que l'homme et la bête possèdent les mêmes caractéristiques générales, comment pouvons-nous conclure que l'animal n'a pas d'âme? Or, l'animal mange, vous aussi; il dort, vous aussi. Il s'accouple et se défend, vous en faites autant Où voyez- vous une différence?...
Cardinal Danlélou: ...Seul l'être humain entreprend la quête métaphysique du sens de la vie.
Srila Prabhupada: En effet. Cherchez donc à comprendre pourquoi vous croyez que l'animal n'a pas d'âme; voilà en quoi consiste la métaphysique. Si vous pensez métaphysique, c'est bien. Mais si vous pensez comme un animal, à quoi servent vos études métaphysiques? Par "métaphysique" on entend "au-delà du physique", ou "spirituel". Krishna dit dans la Bhagavad-Gita: sarva-yonisu kaunteya, "En chaque être vivant on retrouve une âme spirituelle". Voilà une vérité métaphysique.
Végétarisme et religions.
"Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien", non pas des viandes superflues, mais la nourriture nécessaire qui répare en nous ce qui se perd tous les jours de la substance de notre corps... Car le chrétien, selon ces paroles, ne doit point désirer toute cette diversité de mets délicats, toutes ces pâtisseries et toutes ces viandes exquises, qui ne font que charger l'estomac, appesantir l'âme, aveugler l'esprit et donner des armes au corps pour l'asservir aux passions."
Saint Jean Chrysostome
La règle d'or
Montrer de la compassion pour toute forme de vie est une règle d'or que l'on retrouve dans les enseignements de toutes les grandes traditions religieuses. Puisque le végétarisme est l'extension naturelle de cette compassion, il est tout à fait naturel qu'il ait une place importante dans les pratiques religieuses.
De fait, toutes les religions ont en commun l'idée d'éviter de manger de la viande, ne serait-ce que pour quelques jours saints. En étudiant les Ecritures et la vie des fondateurs de ces diverses religions, on voit que l'alimentation végétarienne est le choix naturel pour l'être qui désire atteindre le pur amour de Dieu.
Egypte, Chine et Japon
Certains prêtres d'Egypte s'abstenaient de toute viande afin de pouvoir respecter leurs voeux de célibat. Ils rejejtaient aussi la consommation d'oeufs, appelant ceux-ci "chair liquide". Dans les temples shinto au Japon, on interdisait les sacrifices d'animaux et on conseillait l'alimentation végétarienne pour la purification du corps.
Les textes anciens décrivant la pratique du confucianisme et du taoïsme recommandent d'éviter les aliments carnées tel le porc "qui rend l'haleine désagréable aux ancêtres".
Zoroastrien, Sikh et Jaïn
"Le Seigneur de sagesse a prédit des malheurs à ceux qui suppriment la vie du boeuf avec des cris d'extase. Pour de tels actes, la race des sacrificateurs et celle des prêtres magiciens seront réduites à néant... que soient maudits tous ceux qui prêchent qu'il faut tuer le bétail! Que soient maudits les faux prophètes, les faux prêtres, les uns et les autres corrompus, qui trahissent la vérité, accaparent le pouvoir et falsifient tout par leurs mensonges. C'est de cet Esprit du mal dont sont remplis les soi-disant grands de ce monde et les potentats, c'est Lui qui les a tous fait tomber dans ces erreurs atroces. Ils s'allient aux démons pour accomplir leurs desseins et font assassiner le bétail pour s'en repaître, en violation des buts divins."
Ainsi parlait le prophète Zarathoustra qui fonda la religion zoroastrienne au 6è siècle avant Jésus-Christ. Bien que cette religion fut abolie en Iran lors de la conquête islamique, elle compte aujourd'hui plus de 200,000 adeptes végétariens.
La religion sikh, qui est un intéressant mélange d'hindouisme et d'islamisme, fut fondée en Inde au 15e siècle par Guru Nanak. D'après l'érudit sikh Swaran Sing Sanehi, Guru Nanak considérait la consommation de viande comme impropre, "particulièrement pour ceux qui essaient de méditer". Bien que, en raison de l'influence musulmane, la plupart des sikhs sont maintenant canivores, certains regroupements, comme la secte Namdhari et le mouvement 3HO de Yogi Bhajan, sont strictement végétariens.
Fondée en Inde par Mahavira (599-527 avant Jésus-Christ), le jaïnisme est principalement basé sur l'ahimsa: la non-violence. Les jaïns sont toujours très fidèles aux enseignements sacrés, et les 4 millions de membres de cette religion sont tous de stricts végétariens.
Judaïsme et Ancien Testament
Au début de la Genèse, Dieu enseigne l'alimentation réservée à l'être humain: "Je vous donne toute végétation portant semence qui est sur la surface de toute la terre, et tous les arbres qui ont des fruits portant semence: ce sera votre nourxiture." (Genèse 1-29)
Ainsi, pendant 10 générations, Adam jusqu'à Noé, le peuple d'Israël fut principalement végétarien. Puis vint l'époque où l'être humain "tomba dans le péché" et se mit à offrir des animaux en sacrifice. (Genèse 4:4). Mais Dieu n'est jamais satisfait par ces sacrifices. "Je suis dégoûté des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux. Le sang des taureaux, des brebis et des boucs Me répugne ... Quand vous tendez les mains, Je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, Moi, Je n'écoute pas, car vos mains sont pleines de sang." (Isaïe 1:11-15).
Procédé Kasher
Dans le procédé "Kasher," le sacrifice animal ne peut être effectué que sous certaines conditions. "Seulement, vous ne mangerez pas la chair avec son âme, son sang." (Genèse 9.2-4). Voilà pourquoi les Juifs tentent de vider tout le sang hors du corps de l'animal avant de consommer sa chair. La viande ainsi préparée est appelée Kasher.
Mais ce procédé est défectueux, car même si le sang est extrait des artères, il en reste quand même dans les plus petits vaisseaux sanguins. Il est donc impossible de manger de la viande complètement dépourvue de sang. Conclusion: aucune viande n'est parfaitement Kasher. Seul le Juif végétarien ne se nourrit pas du sang des animaux.
Un compromis
Dans son ouvrage classique intitulé The Jewish. Dietary Laws, Rabbi Samuel Ho Dresnet explîque que: "Se nourrir de viande Kasher est une sorte de compromis... l'homme devrait idéalement ne pas manger de viande car pour ce faire un animal doit être mis à mort."
De plus en plus de Juifs rejettent ce compromis. Le nombre des adhérents à la Société internationale des Juifs Végétariens augmente modestement mais régulièrement. En Israël, plus de 4% de la population est végétarienne et ce nombre continue d'augmenter. En fait, après l'lnde, Israël est le pays où l'on retrouve la plus grande concentration de végétariens religieux.
Martin Buber (1878-1965), réputé pour être l'un des plus grands philosophes existentialistes et penseurs juifs modernes, recommandait une alimentation sans viande. Isaac Bashevis Singer et Samuel Yoseph, tous deux auteurs et prix Nobel, expliquent que le végétarisme est une preuve de bienveillance envers les animaux.
Christianisme et Nouveau Testament
Le Nouveau Testament que nous connaissons reste mystérieusement muet sur l'alimentation de Jésus et la nourriture qu'il recommandait.
Certains exégètes croient que cette lacune serait due à une suppression des passages de l'évangile qui restreignaient la consommation de chair animale.
Correction ou corruption
Le professeur Nestlé, dans son livre Introduction to the Textual Criticism of the Greek Testanment nous dit que certains érudits appelés "corretores" furent nommés par les autorités ecclésiastiques afin de "corriger", c'est-à-dire altérer, les textes des Ecritures dans l'intérêt de ce qui était considéré "orthodoxe" à l'époque.
Une de ces "corrections" eut lieu au concile de Nicée (325 après J.C.). A ce concile, affirment plusieurs érudits contemporains, les prêtres ont complètement modifié, par omission ou extrapolation, les documents chrétiens originaux. Le but de ces modifications était de rendre ces Ecritures acceptables à l'empereur Constantin. Celui-ci était loin d'être végétarien, car on dit, entre autres, qu'il versait du plomb liquide dans la gorge des chrétiens végétariens qu'il capturait.
Manuscrits de la mer Morte
Alors que les plus anciens documents connus du Nouveau Testament datent du 4e siècle (donc après le concile de Nicée), des manuscrits datant du tout début de l'ère chrétienne ont été découverts en 1947. L'authonticité de ces textes ferait d'eux les plus complets et les plus anciens des Ecrits chrétiens présentement connus.
Dans ces pages, Jésus est décrit comme étant un strict végétarien. Ce que confirme la prédiction de l'Ancien Testament: "C'est donc le Seigneur Lui-même qui va vous donner un signe. Voici: La jeune fille est enceinte et va enfanter un fils qu'elle appellera Emmanuel. De laitage et de miel, il se nourrira jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien." (Isaïe 7:14).
On y retrouve aussi de nombreuses références au végétarisme. Notamment, ce dialogue entre un Saducéen et Jésus: "Dis-moi, pourquoi dis-tu que nous ne devons pas manger la chair des animaux? Le bétail ne fut-il pas donné à l'homme comme les fruits et les herbes?" Jésus lui répondit en ouvrant un melon. "Regarde ce fruit de la terre, regarde avec tes propres yeux ce bon fruit du sol et voit les graines qu'il contient. Chaque melon peut produire plus de 100 autres melons. Si tu plantes cette graine, tu te nourris du vrai Dieu, car aucun sang n'a coulé. Aucun cri n'a été perçu par tes oreilles et aucun sang n'a été vu de tes yeux. La vraie nourriture de l'homme provient de notre mère la Terre. Mais regarde ce que Satan donne: l'angoisse et la mort, le sang des vivants pris par l'épée. Ne sais-tu pas que celui qui vit par l'épée périra par l'épée? Va, plante le bon fruit de la vie et ne fais plus souffrir les animaux."
"La meilleure nourriture est celle que l'on offre d'abord à Dieu, au Seigneur Suprême. Celui-ci enseigne dans la Bhagavad-Cita que si on Lui offre avec dévotion des mets préparés à partir de légumes, de farine, de lait, Il les accepte. Bien entendu, l'amour et la dévotion qui accompagnent l'offrande sont, pour le Seigneur, les ingrédients les plus importants."
Sa Divine Grâce A. C. Bhaktivedanta Swami Srila Prabhupada
Une dimension supérieure.
Au-delà des considérations liées à la santé, à la psychologie, à l'économie, à la morale, et au karma, le végétarisme possède une dimension supérieure, spirituelle, qui peut nous aider à développer notre appréciation et notre amour naturel pour Dieu.
Parcourant les allées du supermarché, nous oublions parfois un principe très fondamental: ce n'est pas l'être humain mais bien Dieu qui est à la source de toute cette abondance alimentaire. Celui-ci nous la fait d'ailleurs parvenir d'une façon tout à fait remarquable: par exemple, on place une graine minuscule dans le sol et celle-ci germe et engendre de nouvelles pousses qui produiront à leur tour des centaines de graines. Rien d'aussi efficace et merveilleux n'a encore été inventé par les hommes.
Offrir
Les adeptes de la plupart des religions prient Dieu de les nourrir ("Donnez-nous aujour'hui notre pain quotidien"). Nous devrions donc être reconnaissant envers le Seigneur Suprême qui nous donne toute cette nourriture. Afin de remercier Dieu de Sa générosité, chaque religion enseigne un procédé d'action de grâces. Or, les Védas nous enjoignent d'offrir notre nourriture au Seigneur, non seulement pour Lui témoigner notre gratitude mais aussi pour Lui montrer notre amour. La voie spirituelle tracée par les Ecritures védiques de l'Inde est unique. Dans la pratique d'une forme très évoluée de yoga, le bhakti-yoga, l'offrande de nourriture au Seigneur est un geste essentiel. Cette pratique spirituelle nous aide à rétablir notre relation d'amour avec Dieu.
A l'origine, chaque âme habitant le monde spirituel est unie à Dieu par une relation directe. le but principal de la vie, indiquent les Védas, consiste à raviver ce lien perdu. Le Srimad-Bhagavatam, un classique sanskrit considéré comme "le fruit mûr de l'arbre du savoir védique", enseigne: "la forme humaine nous accorde l'opportunité de retourner en notre demeure première, auprès de Dieu; pour y parvenir, l'être humain doit se dévouer au service du Seigneur."
La science de la dévotion.
Le service de dévotion, ou bhakti-yoga, est le yoga par excellenoe. Après avoir traité de diverses formes de yoga, Sri Krishna - le Maître de tous les yogas - déclare dans la Bhagavad-Gita (6.47): "De tous les yogis, celui qui m'adore et Me sert avec amour et dévotion m'est le plus intimement lié." Il ajoute aussi: "Seulement à travers le service de dévotion peut-on Me connaître tel que Je suis. Et l'être qui, par une telle dévotion, devient pleinement conscient de Ma Personne, entre alors en Mon royaume Absolu." (B.G.18.55)
Le yoga de l'alimentation.
Résumant la voie du bhakti-yoga, le Seigneur dit: "Quoi que tu fasses, que tu manges, que tu sacrifies et donnes, quelque austérité que tu pratiques, que ce soit pour Me l'offrir." (B.G.9.27) L'offrande de nourriture fait donc partie intégrante du yoga de la dévotion. Le Seigneur décrit aussi les offrandes qu'Il acceptera: "Que l'on m'offre, avec amour et dévotion, une feuille, une fleur, un fruit, de l'eau, et cette offrande, Je l'accepterai." (B.-G. 9.26) Krishna, qui omet spécifiquement la viande, le poisson et les oeufs, se verra offrir les aliments les plus purs et de la plus haute qualité, parmi lesquels on ne saurait certes inclure des cadavres en décomposition ou des oeufs qui sont en réalité de la chair liquide.
Ce n'est pas seulement le repas en lui-même qui est apprécié, mais l'amour et le soin qu'on met à le préparer. Dans la vie de tous les jours, il nous arrive de préparer un repas pour montrer notre affection à un être cher. De la même façon, l'offrande de nourriture à Dieu est destinée à nous aider à intensifier notre amour et notre dévotion pour Lui.
I1 s'avère évidemment difficile d'aimer et de servir quelqu'un que l'on n'ajamais vu. N'ayant aucune référence scripturaire, ni aucune perception directe de la forme de Dieu, les artistes d'Occident ont généralement dépeint Dieu comme un vieillard barbu et solidement charpenté. Mais une telle image, issue de leur imagination imparfaite, ne peut correspondre à la réalité. Heureusement, les Védas, qui sont les plus vieux textes connus sur cette planète, décrivent dans les moindres détails les traits personnels de Dieu. Ces descriptions ne sont pas inventées par l'auteur. Elles dépeignent le Seigneur tel qu'Il S'est manifesté sur la Terre il y a plus de 5000 ans: Iljouit d'une éternelle jeunesse et d'une beauté captivante; Il a un teint unique, d'un bleu très attrayant et Ses yeux sont pareils à des lotus. Il pare toujours Sa chevelure d'une plume de paon et une guirlande de fleurs orne Sa poitrine. Il est l'Artiste, le Musicien Suprême; quand Il joue de Sa flûte, tous sont remplis d'admiration. Il est d'une admirable éloquence, Il brille d'une intelligence unique, Il possède un génie exceptionnel et Il Se livre à d'incomparables Divertissements spirituels avec Ses compagnons éternels. On ne saurait trouver de fin aux descriptions contenues dans les Védas dépeignant les traits sublimes de la personnalité de Dieu. Aussi l'appelle-t-on Krishna, "l'Infiniment Fascinant". Lorsque l'on comprend l'identité personnelle de Dieu, il devient d'autant plus facile de méditer sur Lui, et de le servir, en commençant par Lui offrir notre nourriture.
Une nourriture spiritualisée.
Puisque Krishna est le but complet et purement spirituel, tout ce qui entre en contact avec Lui devient aussi complètement pur et spirituel. Même dans le champ de la nature physique, certains objets ont le pouvoir de purifier diverses substances. Le soleil, par exemple, peut extraire une eau fraîche et pure d'un lac contaminé. Or, si l'énergie matérielle du soleil peut agir de la sorte, nous pouvons à peine imaginer la puissance purificatrice de l'énergie spirituelle de Dieu, la Personne Suprême, Lui qui crée sans peine des millions de soleils. En agissant à travers Ses immenses puissances transcendantales, Krishna peut effectivement transmuer la matière en esprit. Une barre de fer plongée dans le feu passera rapidement au rouge et revêtira toutes les qualités essentielles du feu. De la même façon, la substance matérielle de la nourriture offerte à Krishna devient complètement spiritualisée. On l'appelle alors prasadam, ce qui en sanskrit signifie "la miséricorde du Seigneur".
Un joyeux procédé.
Le fait de manger du prasadam constitue une pratique fondamentale du bhakti-yoga. Les autres formes de yoga exigent qu'on restreigne les sens; le bhakti-yogi est cependant libre d'employer les siens dans une variété d'activités spirituelles agréables. De telles pratiques purifient graduellement les sens. Ceux-ci ressentent alors l'attrait des plaisirs divins, lesquels surpassent de beaucoup toute sensation matérielle.
La saveur unique du prasadam.
On retrouve dans les Ecritures védiques de nombreuses descriptions du prasadam et de son influence. Sri Chaitanya - incarnation du Seigneur Suprême, apparue en Inde il y a 500 ans - déclare à ce sujet: "Tous ont déjà, goûté ces substances matérielles. Mais ces ingrédients possèdent désormais des saveurs et arômes uniques. Goûtez-les et saisissez la nuance que revêt cette expérience. Outre la saveur, même leur arôme satisfait le mental et nous fait oublier toute autre douceur. Il nous faut donc en conclure que le nectar transcendantal des lèvres de Krishna a touché ces ingrédients ordinaires auxquels Il a transmis toutes Ses vertus spirituelles." (Chaitanya-Charitamrita, Antya 16.109-112)
La perfection du végétarisme.
L'ultime perfection du végétarisme consiste à ne se nourrir que d'aliments offerts à Dieu, Sri Krishna. Après tout, de nombreux animaux, dont les pigeons et les singes, sont aussi végétariens. Le végétarisme ne représente donc pas une fin en soi. Les Védas nous informent que la vie humaine a pour but le réveil du lien originel qui unit l'âme à Dieu. Or ce but peut être atteint si nous dépassons le sius offrirons à Krishna.
Dans la Bhagavad-Gita, Krishna affirme que toute nourriture peut être classée selon les trois modes d'influence de la nature matérielle vertu, passion et ignorance. "Les aliments de la vertu purifient l'existence et en prolongent la durée; ils procurent force, santé, joie et satisfaction. Ces aliments substantiels sont doux, juteux, gras et pleins de saveur. Les aliments trop amers, acides, salés, piquants, secs ou chauds, sont aimés de ceux que domine la passion. Ils engendrent souffrance, malheur et maladie. Et chers aux êtres humains qu'enveloppe l'ignorance sont les aliments cuits plus de trois heures avant d'être consommés, les aliments privés de goût, de fraîcheur, malodorants, décomposés ou impurs, voire les restes." (B.G.17.8-9-10) Les aliments de la vertu - les produits laitiers, les légumes, les fruits, les noix, les céréales et les sucres naturels - peuvent être offerts à Krishna. Les champignons, les oignons et l'ail, ainsi que la viande, le poisson et les oeufs appartiennent aux modes inférieurs et ne peuvent pas être offerts à Krishna. Les cafés et thés qui contiennent de la caféine appartiennent aussi à la passion et à l'ignorance.
Ainsi, nous devons prendre un grand soin à ne sélectionner que des produits appartenant au mode de la vertu et à vérifier qu'il n'y ait aucun produit animal parmi la liste des ingrédients.
Une fois ces aliments apprêtés, il ne reste plus qu'à faire l'offrande en plaçant une portion dans des plats réservés strictement à cette fin; il est donc préférable de prendre des petits plats dans lesquels personne ne mange. La façon la plus simple de faire l'offrande consiste à prier ainsi: "Cher Krishna, ô Seigneur Suprême, veuillez accepter cette nourriture." Après cette prière, il est recommandé de réciter pendant quelques minutes le mantra: Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare.
Il faut se rappeler ici que le vrai but est de manifester de la dévotion envers le Seigneur. Etant complet en Lui-même, Dieu n'a besoin de rien. L'offrande doit avant tout être une façon de Lui témoigner notre amour et notre dévotion.
Comme nous l'avons mentionné, la nourriture ainsi offerte est maintenant spiritualisée et est appellée prasadam. Ce prasadam peut ensuite être servi; nous pouvons le savourer et apprécier sa nature spirituelle.
Autres principes du bhakti-yoga.
Bien entendu, l'offrande de nourriture n'est qu'un des éléments du bhakti-yoga. Afin de purifier notre conscience et de spiritualiser davantage nos sens, les Védas nous enseignent d'autres activités qui s'inscrivent dans le cadre du service de dévotion. La première est le chant régulier du mantra: Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare.
Dans la Kali-Santarana Upanishad, nous lisons. "Ces seize Noms formés de trente-deux syllabes représentent l'unique moyen de neutraliser l'influenoe nocive du Kali-yuga (l'âge de querelle et d'hypocrisie où nous vivons)... Il n'y a pas d'autre solution que de chanter (ou réciter) le Saint Nom du Seigneur afin de franchir cet océan d'ignorance qu'est l'âge de Kali."
Progresser dans la vie spirituelle .
Pour rehausser la qualité de notre vie spirituelle, il est recommandé d'éviter l'intoxication sous toutes ses formes: drogues, alcool, cigarettes et boissons, cafés et thés qui contiennent de la caféine. L'emploi de telles substances obscurcit inutilement l'esprit, déjà envahi par les concepts matériels de l'existence. Les Védas recommandent également à la personne s'efforçant de progresser dans la spiritualité de fuir les jeux de hasard, car ceux-ci nous plongent invariablement dans l'anxiété et nourrissent l'avidité, l'envie et la colère. La sexualité illicite est aussi à éviter car elle fait s'accroître les désirs matériels et entrave l'épanouissement de la conscience spirituelle. Les règles du bhakti-yoga permettent toutefois les rapports sexuels dans le cadre du mariage.
En adhérant aux principes déjà cités, nous pouvons connaître un plaisir spirituel croissant qui s'intègre de façon tangible dans notre vie.
Plus important que le végétarisme.
Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada - en qui on reconnaît le plus grand ambassadeur culturel et spirituel de l'Inde - enseigne personnellement à ses disciples l'art de préparer et de distribuer le prasadam. De plus, il explique longuement dans ses livres et conférences publiques la philosophie védique qui accompagne l'offrande de nourriture à Krishna: "Rappelons-nous que ce n'est pas le végétarisme en soi qui s'avère important, dit Srila Prabhupada, l'important, c'est d'apprendre l'art d'aimer Krishna. L'amour se manifeste d'abord par l'offrande et l'acceptation de présents. Nous donnons quelque chose à l'être cher, et Lui de même; ainsi se développe l'amour." Tous peuvent s'initier à cet échange d'affection en offrant des mets végétariens à Krishna, pour en honorer ensuite les reliefs ou prasadam.